Académie Mauritanienne de la Paix et de la Sécurité : renforcement des capacités des forces Armées et de Sécurité

En avril 2012, le gouvernement mauritanien a adopté une Stratégie de lutte contre le terrorisme et la criminalité transnationale.

Cette stratégie reflète le choix de l’Etat d’inscrire la lutte contre le terrorisme dans une vision globale où les facteurs de sécurité et de développement du pays sont étroitement liés et interdépendants. Comptant d’abord sur des moyens nationaux, cette stratégie reste ouverte à la coopération. Dans ce cadre, les missions des forces Armées et de Sécurité du pays sont centrées autour de trois modes d’action : la prévention, la protection et l’intervention.

L’objectif général du Projet OMNIA, convention conclue entre l’UE et la RIM en 2014, vise à répondre aux attentes de l’Etat mauritanien en cohérence avec les stratégies transnationales et sous régionales mises en œuvre par divers partenaires, au premier rang desquels l’Union européenne.

C’est dans ce cadre institutionnel que, le 15 mars 2018, le Premier Ministre mauritanien, sur rapport du Ministre de l’Intérieur et de la Décentralisation publiait un décret créant une Académie Mauritanienne de la Paix et de la Sécurité (AMPS), avec pour mission de concevoir et de mener des actions de formation dans le domaine de la lutte contre le terrorisme et la grande criminalité.

Le décret précise que « L’Académie sélectionnera parmi les personnels des forces, des candidats ayant vocation à devenir formateurs de haut niveau, qui se seront distingués dès le début de leur formation initiale d’officier».

Placée sous la tutelle du Ministre en charge de l’intérieur « L’AMPS sera dirigée par un Directeur général du grade de commissaire divisionnaire ou de commissaire principal… Les ressources de l’Académie émargent au budget de la formation des Forces Armées et de Sécurité de la République Islamique de Mauritanie. »

Un prestataire, le consortium CIVIPOL-THEMIIS, fut retenu pour l’organisation des formations sur base des ressources du Projet d’OMNIA pour un montant de 1.800.000 EUR. L’objet de la prestation, consiste à mettre en œuvre un plan de formation de formateurs des forces Armées et de Sécurité en Mauritanie, dans le cadre de l’AMPS.

Ce plan, élaboré en collaboration étroite avec les points focaux des différentes forces bénéficiaires, vise à accroitre les capacités générales des forces de sécurité intérieure de la Mauritanie en dotant chacune de leurs composantes d’un nombre suffisant de formateurs, dans des spécialités essentielles, lesquels seront alors en mesure d’accroitre la qualité des formations ultérieurement dispensées. Le programme adopté prévoit une répartition en deux cycles, désormais planifiés sur les années académiques 2020-2021.

La prestation proposée et validée s’adresse, au sein des cinq institutions concernées, aux officiers supérieurs et subalternes, lesquelles font l’objet de programmes spécifiques adaptés à l’emploi de chaque futur formateur.

Le plan de formation comporte ainsi à travers 6 spécialités (Intervention – Planification et conduite des opérations – Gestion de l’information – Sécurité en zone urbaine – Stabilisation en milieu désertique -Santé opérationnelle), et outre l’acquisition de solides bases pédagogiques en ingénierie de formation, 34 modules techniques liés aux besoins des forces.

Le Directeur Général de l’AMPS, le Contrôleur Général Vadhily Ould Nagy a ainsi fixé, avec l’accord de son autorité de tutelle, au 24 févier 2020, la rentrée académique et a sollicité le recrutement des stagiaires auprès des différents corps bénéficiaires, Forces Armées, Gendarmerie, Sûreté nationale, Garde nationale, Groupement général de sécurité routière.

La formation de formateurs des Forces Armées et de Sécurité en Mauritanie, dans le cadre de l’AMPS, a débuté à la date finalement arrêtée de concert avec les autorités, à savoir le 24 février 2020.

Les délais très courts entre la mise en œuvre du processus de recrutement par les bénéficiaires et le démarrage effectif de la formation n’ont pas permis de réunir la totalité des stagiaires le jour de la rentrée académique. Ainsi, 23 officiers étaient présents le premier jour sur une capacité prévue de 46 stagiaires. Une montée en puissance progressive au cours de la première semaine a permis de disposer finalement du nombre d’auditeurs prévu, correspondant à la capacité d’accueil maximale des locaux, et réparti ainsi : pour les officiers supérieurs, 5 de la Gendarmerie, 3 de la Garde nationale, 8 de l’Armée et 8 de la Police nationale ; pour les officiers subalternes, 5 de la Gendarmerie, 3 de la Garde nationale, 6 de l’Armée, 3 de la Police nationale et 5 du Groupement général de la sécurité routière.

Les deux premiers experts formateurs ont débuté leurs cours comme prévu le 24 février, rencontrant toutefois quelques difficultés, outre les aléas logistiques inhérents aux conditions matérielles de démarrage de ce projet, lesquels ont été résolus grâce à l’engagement de tous, encadrement, experts et stagiaires.

Les premières formations menées concernaient :

Le panorama des crises mondiales et africaines

Le contexte et l’environnement sahéliens

Le Renseignement intérieur

La crise de la pandémie de la COVID-19 a malheureusement interrompu ce premier cycle de formation mais après 6 mois d’attente, les cours ont repris le 7 septembre 2020 à une cadence ininterrompue jusqu’ici (décembre 2020) et dans le contentement de toutes les parties.

Le premier cycle de formation diplômantes se terminera fin janvier 2021 et donnera lieu à une journée de remise des diplômes aux officiers ayant satisfait au terme de la formation. Un deuxième cycle de formation commencera début février pour s’achever le 9 juillet 2021.

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